La tête dans le sac est le premier album de Marjorie Pourchet, et quel album mes
aïeux ! Sorti en 2004 aux éditions du Rouergue, il est à mon sens un des meilleurs albums de cette année là. Marjorie Pourchet avait déjà illustré des textes pour Nathan : Le Maître des cavernes écrit par R-C Labalestra et La petite sœur du placard écrit par T. Lenain. Mais cette fois, cette toute jeune illustratrice utilise sa propre langue pour nous raconter une histoire sensible et poétique.
Adèle est une jeune femme maladivement timide, au point de ne pouvoir sortir de chez elle sans avoir son sac sur la tête ! Au travail, dans son usine de canards en plastique où elle est chargée de veiller au bon coin-coin des canards, elle tente de sauver les défectueux qui seront supprimés : c’est sa petite résistance quotidienne face au monde du travail. Quant à ses amis se sont de drôles d’hurluberlus qui tricotent de la cafetière ! Dans ce petit univers Adèle passe comme une brise légère son sac toujours vissé sur la tête. Jusqu’au jour où un sentiment inconnu l’envahie : mélancolie ? Petite solitude qui bringuebale ? Que lui arrive-t-il ? Elle se met à pleurer dans son grand cabas rouge…
Le lendemain au fond de son sac quelque chose a germé : un jardin arrosé de ses larmes a poussé ! Comment faire pour sortir sans sac ? Que va devenir notre Adèle ? Si vous voulez connaître la fin de cette très jolie histoire aux illustrations vraiment incroyables, partez à la recherche de cet album que toutes les bonnes bibliothèques se doivent d’avoir ! Sinon écrivez-moi, je vous raconterai comment pour Adèle les autres sont devenus « tout un monde et autant de jardins ».
La tête dans le sac. Marjorie Pourchet. Rouergue. A partir de 5 ans.
Aujourd'hui un lien tout spécialement pour ma copine Marionnette dit Sushi Friendly.
Clique ICI !
La série Edgar Flanders est apparue au Seuil en 2004. Son auteur Noël Simsolo, connu pour ses polars notamment dans la série du Poulpe, met en scène les aventures de ce détective fasciné par l’étrange dans le Paris des années 20 : une sorte d
e Fox Mulder des années folles qui naviguerait au milieu des surréalistes, Aragon, Cocteau…! Ses enquêtes : Le Crime de la Momie, Les Vampires de Gand et plus récemment La guerre des sorciers, nous plongent dans des intrigues passionnantes, vraiment bien ficelées et documentées sur la vie parisienne et européenne de l’époque. Ses pérégrinations l’amènent à côtoyer des personnages maléfiques, vampires, sorciers, adeptes du culte satanique, dont fait partie la seule femme au monde capable de faire flancher notre homme, la sulfureuse Comtesse Ava de Manolos aussi cruelle et sadique qu’elle est belle ! Pour l’assister dans ses aventures, son mentor Paul Leroux ( !), une belle métisse et médium : Asmina et le commissaire Isidore font équipe pour combattre le mal. Une série à conseiller aux ados et même aux adultes qui retrouveront les ambiances des premiers films noirs et d’épouvante. Un univers où les « gentils » ont des failles et où les « méchants » ne sont pas censurés, ainsi ils peuvent commettrent les crimes les plus effroyables et s’en sortir en sautant dans leurs voitures de sport pour aller dîner dans des palaces de la côte ! A la fois frustrant et jouissif !
Edgar Flanders, Noël Simsolo. Seuil jeunesse. A partir de 12 ans.
Info rapide : demain le 23 février 2006 sort le second tome d'Eragon : L'Aîné de Christopher Paolini, Bayard. A partir de 10 ans.
Les très nombreux afficionados de cette trilogie vont enfin pouvoir connaître la suite!
Parfois, dans certains cas, il arrive comme le chantait cette artiste colorée aux dents déchaussées : que les histoires d’amour finissent mal en général !
Alors pour cette fête des amoureux, voici un petit conte pour tous ceux et toutes celles que l’amour a égratigné, une histoire étrange d’amoureux pleine de gourmandise, de magie, de péchés et de fatalité, racontée par Camille Jourdy ( auteur-illustratrice que j’avais découvert pour Une araignée des Tagliatelles et au lit, chez Drozophile). Son univers insolite et son dessin précieux à la forme très libre, m’ont à nouveau charmé dans son nouvel album : Séraphine ou le charme incertain.
Séraphine, jeune femme mystérieuse à la nature généreuse, pose un matin ses valises sur le cœur d’un certain professeur Pileux, rentier trentenaire et célibataire. Aussi incroyable que cela puisse paraître la belle est suivie par un étrange cortège, douze petits monstres poilus qui ne la quitte pas d’une semelle.
Malgré ce détail étonnant et tombé fou d’amour pour cette beauté tiré d’un tableau de Botero, Pileux lui fait s’en tarder une cour maladroite et attendrissante, puis finit par lui demander de l’épouser. Bien qu’ils viennent à peine de faire connaissance, Séraphine accepte mais en posant ses conditions : Jamais au grand jamais, le futur marié ne pourra consommer ! C’est la condition sine qua non de leur union, jamais il n’aura le droit d’entrevoir le moindre petit bout de chair de sa très chère ! Décontenancé mais amoureux, le petit professeur accepte à contre cœur !
Le bonheur est total…Quelques temps…Le jeune homme rêve de pouvoir un jour posséder cette femme qui après tout est la sienne ! Alors un soir, négligeant ses promesses, il pénétre dans la chambre de Séraphine, elle est alanguie, nue, sur le lit, c’est alors qu’il découvre que sur ses hanches rebondies poussent des sucreries ! La tentation est trop forte et après les avoir toutes goûtées, il s’allonge près de sa bien aimée.
Au matin Séraphine s’éveille et découvre à côté d’elle, blottie, un petit monstre… Ils sont maintenant treize ! Treize maris, treize paroles trahies !
Séraphine ou le charme incertain. Camille Jourdy. Drozophile. A partir de 6 ans.
Voici une collection niveau collège que je trouve vraiment très bien faite : Autrement junior. Vient de sortir fin janvier un numéro sur les Rebelles : figures de la rebéllion au 19ème et 20 ème siècle par P. Godard. Il est vrai que ça ressemble à une belle salade avec un brin de populistes russes, une goutte de Rosa Luxembourg, quelques morceaux de Che, le tout généreusement arrosé d'une dose de Punk ! Ca ratisse large... Il n'empeche qu'on apprend quand même plein de choses, même si les Hippies cotoient Ravachol, anarchiste et terroriste, on découvre des personnalités telles qu'Alexandre Jacob, sorte de Robin des bois moderne. Le tout sert donc à prendre conscience qu'il a toujours existé une forme de rébellion et de contestation, qu'elle soit pacifiste dans le meilleur des cas ou malheureusement plus sanglante. Dans notre société en panne d'élan, il est parfois bon de se retourner sur l'histoire afin de découvrir pour les plus jeunes d'entre nous que la resistance politique, morale peut porter des peuples et faire changer les choses. Hasta siempre !
Parmi les bouquins que l’on devait m’arracher des mains pour que je joue enfin avec les autres enfants, il y avait :
Pas de baisers pour maman, Ungerer. Mouche. Ecole des Loisirs. J’étais folle de cette histoire d’un petit chat au gros popotin et au très mauvais caractère, qui en plus d’être insupportable et de n’en faire qu’à sa tête, ne supportait pas d’embrasser sa maman ! J’ai en mémoire les images d’Ungerer, notamment une où le chaton mouline une souris, c’est étrange les réminiscences ! Pourquoi celle là plus qu’une autre, je crois que je la trouvais particulièrement gore.
Puis j’ai entamé une traversée de séries avec un passage obligé par la bibliothèque rose puis verte, j’avoue ma passion pour Jojo Lapin d’Enid Byton (j’ai passé l’année de mes 6 ans à les lire et les relire), toujours disponible
et dont les
couvertures actuelles sont abominables. J’ai senti le complot, à mon avis ils ne veulent plus que ça se vende. Ils en ont ras les oreilles de Jojo et tente de le faire plonger avec ces couvertures dignes des pires cauchemars des enfants !
Après, il y eu Les enfants de Noé, Joubert. Médium. Ecole des loisirs. L’histoire d’une famille partie s’installer dans les hautes Alpes et qui se retrouve un hiver prise au piège de la neige qui recouvre la maison et les oblige à vivre en totale autarcie.
J’adorais les histoires de famille qui partaient se planquer pour à tout prix échapper à la ville, dans la même verve, j’ai lu Un été aux arpents de Wildsmith, Castor poche. Où une famille, donc, quitte la ville pour habiter une ferme paumée dans la forêt canadienne, les trois enfants se lient d’amitié avec un amérindien et se rallient à sa cause. De grands espaces sur fond de lutte ethnique et sociale, mais sans doutes aujourd’hui avec le recul un peu trop mièvre et bien pensant.
Voilà quelques titres qui ont marqué mes premières années de lectrice, je ne compte pas tous ceux que mon grand-père me lisait jusqu’à mes quatre ans et qui faisaient parti de notre petit Panthéon ainsi que ces moments consacrés à aller à la librairie, à choisir puis à lire ensemble. « Qui lit petit lit toute la vie »… Dit le livre d’Arlette Calavia qui vient de sortir. Et même si le contraire s’applique car il n’est jamais trop tard pour s’y mettre, il me semble bien qu’elle n’ait pas tort...
Une fois n
’est pas coutume, moi qui parle souvent d’albums et qui délaisse la BD, à la fois parce que je ne suis pas une grande connaisseuse et puis aussi parce que souvent la BD pour les enfants, je trouve ça un peu naze ! Hormis quelques petits bijoux comme : Ariol, Petit Vampire, Kaput et Zosky...
Je fais donc aujourd’hui une entorse à mon mutisme pour un album vraiment exceptionnel : Lucille de Ludovic Debeurme chez Futuropolis. C’est l’histoire tragique et romantique, d’une rencontre entre deux êtres en souffrance. Lucille (16 ans) rongée par l’anorexie, vit seule avec sa mère, une femme distante qui ne la comprend pas, Arthur (17) tente de se faire une place dans sa famille de beaufs et d’exister aux yeux de son père alcoolique. Ces deux enfants, évoluent dans des milieux aux violences totalement différentes, mais bien réelles. Lorsque leurs chemins vont se croiser, la souffrance ouverte de l’un va pousser l’autre à réagir et à partir loin de tout cela. Dans une fuite vers l’Italie, les deux ados vont apprendre à se connaître, à se faire confiance, à espérer, jusqu’à ce que leurs fardeaux les rattrapent.
Sans misérabilisme, Ludovic Debeurme, nous emporte dans la réalité crue de l’adolescence de ces « pas tout à fait adultes », qui pleurent sur leur enfance jetée aux orties. Ce qui reste de cet album lorsque l’on tourne la dernière page, c’est d’abord la force de ces êtres qui tentent de se tenir debout, qui veulent croire pour eux enfin, à l’amour et à un devenir.
http://www.christianvoltz.com/index2.html
Piqué sur Le site de Ricochet, l'adresse de l'incroyable artisan de merveilles rouillées : Christian Voltz ! A vous d'en abuser ! Avec
mention spéciale pour ses petits films d'animation.
Commentaires