Dernièrement dans mon sac : cueillette de nouveaut

Jeudi 6 octobre 2005

Après s'être longuement consultés Miguel et moi, nous avons finalement décidé de consacrer notre tout premier article à un énorme coup de coeur qui ne date pas d'hier : Le travail de Kitty Crowther. Si vous ne voyez pas qui est cette auteur(e)-illustratrice au doux prénom de chat (je soupçonne que ceci fasse aussi partie de ce que Miguel aime chez elle) et bien laissez-moi vous raconter ma rencontre avec Kitty Crowther.

Il fut un temps où la librairie était mon second chez moi, au détour d'une étagère, je suis tombée sur Moi et rien !

Moi et rien (Pastel), est un album absolument magnifique sur l'absence et la mort (thèmes souvent présents dans son travail). J'ai sentie qu'il fallait que je le rammène chez moi, il était trop intime, trop précieux pour le lire furtivement en pleine librairie. Je l'ai donc pris. A la maison, avec un thé et Miguel sur les genoux, nous avons lu l'histoire de Lila et son ami "rien", un petit "rien" tout doux pour combler le gouffre de l'absence de sa maman. C'est un des album qui m'a le plus boulversé par sa simplicité et sa légéreté malgré la gravité du sujet. Je suis alors allée sur internet pour grapiller quelques infos sur Kitty Crowther, née en Belgique à Bruxelles précisément en 1970, d'un père anglais et d'une mère suédoise, son enfance est bercée par la littérature anglophone et scandinave, elle restera d'ailleurs toujours passionnée par les littératures d'Europe du nord (comme moi, si, si, je vous assure ! Elle sera sans doutes folle de joie de voir enfin les aventures de Moumine le Troll, de Tove Jansson, réedité chez Nathan !! mais il fera l'objet d'un autre article).

A partir de ce jour, donc, j'ai traqué les créations de Kitty Crowther et de Scritch scratch dip clapote ! (Pastel) à l'Enfant racine (pastel), j'ai toujours retrouvé le même plaisir, la même douceur au coeur d'un univers qui peut paraître assez sombre.

Et donc pour mon plus grand plaisir vient de sortir : Le grand désordre (Seuil Jeunesse), en septembre dans toutes les librairies qui valent vraiment le coup ! Honte aux autres pour cet oubli ou pire encore pour ceux qui par faute de place (la rentrée lalala...) lui ont préféré par exemple, les nouveaux Barbapapa qui apportent plus à leur éditeur qu'à la littérature jeunesse ! (ceux qui les connaissent comprendront mon courroux!). Bref, revenons à nos moutons...

Le grand désordre est mon album préféré de la rentrée : d'abord parcequ'un des personnage ressemble à Miguel, c'est le chat Daguerréotype, puis parce qu'on aime se reconnaître dans sa maîtresse Emilienne et le désordre de sa caverne d'Ali Baba, matérialisé par des objets égrennés à droite à gauche et par d'étranges personnages ( comme dans  l'Enfant Racine) qui participent à ce joyeux foutoir. En tout cas si comme Miguel et moi vous voulez lire "le livre des soupirs", vous baignez au clair de lune dans un étang, connaître l'histoire du cailloux blanc et découvrir le secret de Sylvania, la voisine d'Emilienne et bien ruez-vous sur cet album. Les personnages sont attachants et les illustrations au crayon de couleurs sont superbes, il y a mille détails qui vous fairons grimper le sourire au lèvres.

Je le conseille à partir de cinq ans et pour ceux qui n'aurait pas encore compris, sans limite d'âge ! C'est un album au public large, vous pouvez même l'offrir à votre grand-mère (la mienne aurait adoré ! ) qui parle à la fois d'amitié, d'amour, de ces petites choses qui nous font honte et que nous essayons vainement de cacher, de nature comme souvent chez Kitty, du temps : celui du souvenir et  celui que l'on prend. C'est comme déguster une part de cake au citron accompagnée d' un thé au jasmin, l'été à l'ombre d'un figuier : un délice !

Olga & Miguel. 03 octobre 2005.

 

 

Par Olga
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Jeudi 6 octobre 2005

En cette saison, il est délicat  de mettre les pieds dans une librairie sans qu'une pile d'Harry Potter t.6 ne vous tombe sur le nez ! Non, non je vous vois venir, je ne fais pas d'anti-Harry Pottisme primaire ! Il fait vivre nos librairies et lire des générations d'enfants, alors je ne m'en plaindrais pas, MAIS je dois quand même ajouter qu'il n' y a pas que lui, c'est pourquoi je vais vous parler d'un autre roman jeunesse qui mérite lui aussi les feux de la rampe.

 Alors, comment parler le plus justement, c'est à dire sans emphase du travail d'une de mes auteur(e)s-illustratrice préférée ? .... Bon, je n'y arrive pas, alors tant pis je ne me censurerais pas : c'est GENIAL!

Celà fait maintenant quelques temps que je scotche sur tous les albums de Claudine DESMARTEAU (voir Bibliographie) elle secoue la littérature de jeunesse en apportant un ton nouveau ; les enfants, elle leur parle (presque) comme à vous et moi, comme à des petites personnes complexes et possédant un libre arbitre, pas de gagatisation dans ses livres !

 Ses albums sont tous drôles (même C'est écrit là-haut  (Seuil jeunesse) dont le sujet est un peu plus "grave) et en même temps sont le reflet de nos questionnements sur la société : le clônage, la télé et sa brouette de téléréalité trashouille qui fascine les gamins , ou de ceux des "bambinos" sur leurs copains, les contrôles de maths, comment étaient leurs parents avant d'être grands, ce que leur réserve le destin... Autant de points d'interrogations que Claudine DESMARTEAU traite avec humour, sans faux semblant, avec un vrai point de vue, souvent acéré sur le monde qui nous entoure. Vous ne serez donc pas étonnés de découvrir aussi son travail dans la presse qui fait souvent appel à elle.

Donc, mon dernier coup de coeur n'est pas un album ! Non, la voilà lancée dans le roman pour adolescents, pas facile de passer de formes courtes et incisives à un vrai grand roman d'aventure et bien c'est réussi !!  TROUILLELAND (Panama) j'en redemande, ça tombe bien puisque ce n'est que le volume 1 !

Angie, son personnage principal habite un foutu pays où tout le monde est touché par la peur ! Untel à peur des maladies, untel pétoche de perdre son emploi, untel à la phobie des attentats ( si ça ne vous rappelle pas quelque chose, j'abandonne!) et au milieu de tout ça, Angie, elle, n'a qu'une peur celle de grandir. Mais un jour Hyacinthe son aïeul, qui a passé l'arme à gauche depuis longtemps, sort de son repos pour l'envoyer en mission ! Elle seule peut trouver ce qui leur manque à tous : la potion anti-trouille ! Après maintes hésitations (on ne répond pas toujours présent au premier fantôme qui vous envoie à l'autre bout de la terre!) Angie quitte famille et amis et se lance dans l'aventure...

Voilà  je m'arrêterai là pour vous laisser saliver sur la suite, car notre Angie va croiser des mondes et des peuples digne d'Alice au pays des merveilles ! Alors enfants qui aimez lire Harry Potter quand vous aurez fini ce nouveau pavé, lancez vous sur les traces d'une petite qui elle aussi n'a pas froid aux yeux, et si elle n'a pas de pouvoirs magiques, en tout cas elle a la capacité de nous entraîner dans des mondes incroyables parfois chaleureux, parfois inquiétants en tout cas bien mystérieux ! Pour tous les autres, ceux qui ont laissé Harry derrière eux depuis quelques tomes ou bien pour ceux qui devront attendre Noël pour se le voir offrir ou encore pour tous ceux qui cherchent une alternative un seul titre, un seul remède :  TROUILLELAND ! (à partir de 10 ans)

 

 

Par Olga
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Jeudi 6 octobre 2005

Bibliographie : Kitty CROWTHER

- 2005 : Le grand désordre, Seuil jeunesse.

- 2005 : Poka et Mine, Le réveil, Pastel

-2005 : Poka et Mine, Les nouvelles ailes, Pastel

- 2004 : Petits meurtres et autres tendresses, Seuil. ATTENTION histoires de couples sanguinolantes et acides, pas pour nos chères têtes blondes.

- 2004 : La visite de petite mort, Pastel

-2003 : L'enfant racine, Pastel

-2003 : Moi et rien, Pastel (date lutin poche)

- 2002 : Scritch scratch dip clapote ! ( date du lutin poche) Ecole des loisirs. Génial pour dédramatiser les peurs nocturnes, les petits bruits qui font grincer le plancher et filent les chocottes !

- 2001 : Le bain d'Elias, Pastel

-1999 : Trois histoires folles de monsieur Pol, Pastel

- 1998 : Mon ami Jim, Ecole cole des loisirs (lutin poche)

- 1997 : Lily au royaume des nuages, Pastel

-1995 : Va faire un tour, Pastel

- 1995 : Un jour mon prince viendra, Pastel

LIEN : Article Hello Kitty ! Sur ce site !

Par Olga
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Jeudi 6 octobre 2005

Bibliographie : Claudine Desmarteau

- En 2007 (janvier) : Une nouvelle série chez Thierry Magnier qui débute avec :

Salpote t'aide à préserver la nature

Salpote te met au régime

- 2006 : Trouilleland  vol 2, Mortel retour. Panama.

- 2005 : Trouilleland vol 1 : Angie largue les amarres, Panama.

- 2004 : Dictionnaire des synonymes, Seuil jeunesse. Décoiffant et désopilant, si tous les dictionnaires ressemblaient à celui- là ils seraient, c'est sûr, beaucoup plus consultés par les enfants ! 

- 2004 : Tous jaloux, Seuil jeunesse

-2003 : Vu à la télé, Seuil jeunesse. Un clin d'oeil aux décérébrés de la télé !

- 2002 : Je veux un clone ! Seuil jeunesse. Il n'existe pas deux albums comme celui là !

- 2001: Le petit rebelle, Seuil jeunesse

- 2000 : C'est écrit là-haut, Seuil jeunesse. Il n' y a pas de fatalité...

-1999 : Petit guerrier, Seuil jeunesse.

-1999 : Maman était petite avant d'être grande, Seuil jeunesse. A vec Valérie Larrondo.

 LIEN : article Dans la vie il n'y a pas qu'Harry ! Sur ce site.

Par Olga
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Jeudi 13 octobre 2005

ET OUI ! Depuis début septembre, nous, petits et grands autochtones, pouvons ENFIN découvrir ou redécouvrir MOUMINE ! Pour le moment seul 2 romans sont sortis Le chapeau du sorcier et L'été dramatique de Moumine, mais Nathan devrait continuer sur cette voie. Alors qui est ce Moumine? un troll certes, mais bien qu'il soit lié aux légendes scandinaves, il ne ressemble en rien aux "trolls" tel qu'ils sont décrits dans la mythologie nordique (voir le lien à la fin). Il ressemble plutôt à un mix entre un fantôme et un hippopotame ! 

 Ses histoires sont aussi celles de sa petite famille : papa, maman et lui même, (librement inspiré de la propre famille de Tove Jansson) et de plusieurs étranges personnages qui les accompagnent : Snif, Zotte et Zezette, le Renaclerican, Melle Snorque...

Alors rentrons dans le vif su sujet ! Pourquoi c'est si bon?  D'abord parce que je défis quiconque de ne pas craquer sur sa bouille, voyez plutôt !

Il n'y a peut-être que les lapins de "Wallace et Gromitt contre le lapin-garou", qui peuvent être aussi craquants ! (courez voir ce film!!! Mais oui ! COUREZ !) 

Puis son univers est doux mais complexe, les personnage ne sont pas si facile à cerner, ce n'est pas une vallée où il y aurait d'un côté les bons de l'autre les méchants, ils ont leur failles, et c'est ce qui les rend attachants, plus humains qu'ils n'y paraissent. Parfois il y a des vengeances, des p'tits coups bas, une cruauté enfantine très réaliste.

 La femme a un statut central dans la société nordique, ici maman moumine s'affirme en étant artiste, elle représente aussi un ancrage rassurant pour son enfant, par exemple,  quand Moumine se transforme en spectre, dans Le chapeau du sorcier, elle sera la seule à le reconnaître ce qui brisera le sort!

De même, les enfants  y tiennent une place particulière, ils sont considérés comme des êtres à part entière, d'où la richesse d'une littérature enfantine nordique ! Moumine est considéré comme un enfant, mais il est toujours écouté quand il parle, ses parents lui font confiance et se fient à son jugement autant qu'à celui d'un adulte.

 Pour toutes ces raisons et aussi pour l'inventivité et la force de l'imaginaire de ces histoires et de ces personnages nés dans les années 40 Moumine est un chef d'oeuvre qui traverse le temps sans une ride.

Sur Tove Jansson :

De son vrai prénom Marika, Tove Jansson, est née à Helsinki le 9 août 1914, dans une famille d'artistes de langue suédoise (en Finlande cohabitent 2 langues officielles, le finnois et le suédois). Elle passa de nombreux étés dans les îles Porvoo qui l'inspireront et deviendront le cadre des aventures de Moumine. A 15 ans elle quitte la Finlande pour suivre en Suède des études d'art à la fac de Stockholm (1930) puis à Helsinki et à Paris (1938). Cette période fut l'occasion pour Tove Jansson de découvrir l' Europe. Pendant la seconde guerre mondiale elle devient illustratrice pour un des rares magazine antifascite de l'époque : Garm. Moumine apparaît pour la première fois en 1941, et serait le prénom d'un des oncles de l'auteur.  Parallélement T. Jansson, peint, expose dans plusieurs galeries et exécute des fresques pour plusieurs bâtiments en Finlande entre 1947 et 1984.

Moumine reste son plus grand succès, adapté en BD, son frère Lars prend le relais tandis qu'elle se consacre aux romans de ses aventures. Tout au long de sa vie son travail sera couronné de prix tel que le prix Nils Helgerson en 1953 ou le prix Andersen en 1966.

Tove Jansson quitte ce monde (peut-être pour celui de Moumine?) le 27 juin 2001 à l'âge de 86 ans en laissant derrière elle une oeuvre merveilleuse et foisonnante.

Pour voir toutes les couvertures originales des "Moumine" :

http://www.moomintrove.com/index.htm

Dans vos rêves les plus fous vous n'osiez y penser ! Et bien si ! Il existe un musée Moumine : http://www.tampere.fi/muumi/english/index.htm

Lien avec un site absolument génial sur l'univers de la mythologie et plus particulièrement sur les Trolls, réalisé par la Bibliothèque Sainte Geneviève :

 http://www-bsg.univ-paris1.fr/nordique/expotroll.htm

Par Olga
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Dimanche 23 octobre 2005
Ils sont forts chez Panama ! Ils nous sortent le même mois 2 albums incontournables : le premier parce qu’il va devenir un album de référence au même titre que Petit bleu petit jaune, l’autre pour la qualité de son histoire et de son illustration.
 
Je veux donc parler de Petite Tâche, un album de Lionel Le Néouanic que l’on attendait pas là. Miguel mon fidèle compagnon, chat de bibliothèque à ses heures, est un fan de cet auteur-illustrateur aux multiples casquettes, cela n’a sans doute rien à voir avec le fait qu’il appartienne au groupe des chats pelés (têtes raides) ! Jusqu’ici ses albums étaient plutôt déstinés aux plus grands, avec un graphisme percutant et expressif, il ne s'était pas essayé à l’abstraction au travail sur les formes géométriques et les couleurs.
En ce qui me concerne, je suis fan de Niac-Niac, pour le ton et l’irrésistible tête du ver de terre, de C’est qui ? pour l’irrévérence des gamins et la découverte de la vrai vie du Père Noël (je me doutais bien qu’il buvait un petit coup ! Il fait trop froid là-bas !), de Chiens pour l’engagement politique, et de Gentil-Méchant pour l’esthétisme de ses créations multiformes (dont une page décore joliment ma porte d’entrée, bref….), tous publiés au Seuil Jeunesse.
 
Petite tâche est un album pour les tout petits qui leur permet d’appréhender l’espace, les formes, les couleurs sur fond de discours de tolérance. Petite tâche est informe, tout noir, il ressemble au splatch d’encre des copies crassouilles de CP, et il voudrait bien jouer avec les autres formes bien définies et parfaitement dessinées : un triangle vert, un rond jaune, un carré rouge etc… Mais la différence fait peur, alors en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, ils le renvoient chez papa-maman !
Petite tâche en a gros sur le cœur, ses parents, rassurants, vont alors lui faire prendre conscience de la richesse de sa différence et de son secret… Découvrant son pouvoir, il retourne voir les petites formes qui finiront par l’accepter et tout se terminera dans un grand bain de couleur et de formes avec même un petit clin d’œil à Miro. En somme, un album réussi, sans grande surprise il est vrai, mais parfaitement construit et didactique. (à partir de 2 ans).
 
 
Le second petit bijou de Panama est : Je voulais une tortue de Béatrice Alemagna et Cristiano Mangione. Cet album très « seventies » m’a conquise, à la fois grâce à l’illustration de B. Alemagna et à cette histoire d’amitié entre une petite fille et une tortue.
 
A 6 ans on a tous envie (ou presque) d’avoir un animal, un chat qu’on pourrait câliner, un chien qu’on pourrait balader, un poisson rouge à qui parler. Notre petite héroïne, elle, rêve d’une tortue pour partager son quotidien. Elle la désire tellement fort que malgré le refus de ses parents, elle va s’en acheter une en douce. La découverte et la punition passée, Britta (si ce n’est pas un magnifique nom de tortue, ça !) s’installe petit à petit dans leur vie. Mais le temps passe et Britta grandit, grandit, grandit, jusqu’à ressembler à Godzilla et transpercer le toit de leur maison ! Il ne va plus être possible de la garder, alors que faire ?  C’est notre petite héroïne qui, en questionnant une drôle de vieille dame, trouvera la solution et cette étrange histoire de tortue (au pays des merveilles) se terminera bien.
 
La force de cet album, hormis l’originalité de l’histoire, est la qualité de l’illustration. En noir et blanc réalisé au stylo et au crayon, chaque dessin s’inscrit dans un cadre comme autant de miniatures précieuses et délicates. Et puis il rappellera des souvenirs à tous ceux qui un jour avaient réussi à convaincre leurs parents de leur acheter ces minuscules tortues californiennes, pas plus grosses qu’une pièce de 5 francs et qui devenaient en quelques mois, des monstres préhistoriques assoiffés de sang !
Au fait,  à votre avis, que sont-elles devenues ?...
Par Olga
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Lundi 24 octobre 2005
Me voilà folle de joie !! Mon chéri vient juste de m’offrir un petit livre absolument Craquant : La vie de Kuma Kuma de Kazue Takahashi aux éditions autrement jeunesse. C’est du bonheur en page ! On y découvre le quotidien, imaginé par un de ses amis, de Kuma Kuma, une sorte de petit ours gris et cotonneux, qui habite  une  maisonnette loin  dans la montagne. Chaque page raconte un moment de sa vie : il mange une salade de son jardin, il écoute les gouttes de pluie qui tombent sur le toit, il se demande où aller se balader avec son nouveau sac ! (Quelle Coïncidence !  Certains comprendront !)
 Ces petits bouts de vie ressemblent parfois aux nôtres, les dessins minimalistes et très doux apportent une grande plénitude, presque une fascination, on passerait des heures sur chacun d’entre eux à le regarder vivre. Ils donnent une vision apaisante de la solitude, un regard plein d'amour sur celui qui n'est pas là et auquel on aime penser.
C’est un album remonte-moral croyez-moi ! Essayez, dites « Kuma Kuma » tout doucement, en prenant le temps et déjà la formule magique fait son effet, vos lèvres donnent des baisers et vous vous sentez plus léger !
Par Olga
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Dimanche 30 octobre 2005
collection mouche. Ecole des loisirs.
Comme tous les livres de Marie NDiaye que j’ai lus jusqu’ici, qu’ils soient consacrés aux enfants ou pas, je retrouve, derrière son écriture, dans le tout récent : Le souhait, sa présence discrète et calme, son intelligence et sa poésie. Sans doute parce qu’elle est à l’origine d’un des livres qui a le plus compté dans ma vie, j’accueille toujours ses nouveaux écrits avec un grand enthousiasme.
Le souhait est un livre pour les 7 / 8 ans, qui pourrait n’être qu’un petit roman sur l’adoption mais qui s’avère être bien plus que cela.
Un homme et une femme sont rongés par l’absence d’un enfant dans leur vie, ils ne rêvent que de cela, le destin leur paraît terriblement injuste, eux qui ont tout, qui ont réussi, les voilà démunis et possédés par ce manque. Chaque année leur calvaire culmine au moment de noël, où pour faire comme les autres parents, ils se rendent dans les grands magasins pour acheter des jouets à cet enfant qui n’est pas. Tout est pourtant près, il a sa chambre et les jouets s’entassent depuis des années. Jusqu’à ce qu’enfin le miracle s’accomplisse et qu’une petite fille noire arrive dans leur vie un matin. A sa grande surprise, voilà qu’elle ne découvre pas deux adultes, mais deux cœurs bien serrés frétillants d’amour. C’est là que toute l’histoire dépasse le cadre de l’adoption, et vient s’inscrire plus globalement dans les rapports d’amour entre parents et enfants. Cette petite fille : Camélia, ne trouve finalement personne pour s’occuper d’elle, au contraire, c’est elle qui va devoir porter et supporter ce trop plein d’amour qui déshumanise ses parents. Mais ils l’aiment, que dire de plus, ils l’ont imaginé pendant si longtemps, maintenant qu’elle est là, elle ne doit pas les décevoir. Ses tenues blanches et impeccables sont pendues dans un placard, des montagnes de jouets l’attendent, mais cet amour dont ils l’engluent sans s’en rendre compte, lui pèse. Enivrés par leur bonheur et rengorgés par tout leur amour, ils n’entendent même pas ce que Camélia répète sans cesse : « n’avez-vous vraiment rien d’autre à me dire ? ».
C’est terriblement difficile  pour un enfant de s’octroyer le droit d’exister en tant que tel, c’est ce que n’arrive pas à faire Camélia, l’image rêvée d’elle que lui envoient ses parents l’a contrainte à rester enfermée dans ce carcan, à regarder les autres jouer au loin, dans une vraie vie d’enfant. Mais un jour la tentation devient trop forte ou le poids de l’amour devient trop lourd et elle laisse ses parents bien au chaud sur un banc pour partir quelques instants jouer avec les autres enfants… quelques minutes, quelques heures… Puis elle reprend le chemin de la maison et  soudain se rend compte qu’elle les a oubliés ! Le square a fermé ses portes, elle ne les récupérera que le lendemain. Un sentiment de culpabilité et de soulagement l’envahit, elle peut enfin être elle-même, en vie, mais pour cela elle a dû trahir l’amour de ses parents. N’est-ce pas finalement ce qui va leur permettre à leur tour de devenir de véritables adultes ?
Quand les parents finissent par entendre ce que dit leur enfant, qu’ils ont retrouvé la pudeur de leur amour, ils reprennent instantanément forme humaine. Marie NDiaye remet les actes au centre de leur relation, l’amour et ses preuves ne doivent pas être galvaudés, tant que ses parents n’avaient pas trouvé leur place Camélia ne pouvait pas être leur enfant.
Après l’envoûtant conte : La diablesse et son enfant (école des loisirs), Le souhait s’inscrit au cœur des problématiques d’écriture de l’auteur : le rapport aux parents, les liens familiaux ambiguës, l’étrangeté de la filiation. Dans une langue simple Marie NDiaye symbolise très justement ce que veut dire être parents adoptifs ou non.
Par Olga
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Mercredi 2 novembre 2005

Pour écrire ceci aujourd'hui, j'ai dû invoquer l'esprit malin de Joëlle Goron : "Y en a marre" des cucu-niaiseries pour les enfants ! Ou plutôt, "Y en a marre" de voir des adultes penser que le non-conformisme, le cynisme, la recherche graphique : "C'est pas fait pour les enfants" !

Lors de mes ballades sur les terres du livre jeunesse, j'en ai entendu des réactions hostiles à l'égard de certains albums, mais là où la fumée me sort par les oreilles et les flammes par les trous de nez, c'est que ces gens assèchent l'imaginaire des enfants à coup de censure, au lieu de le nourrir .

Sans justement faire grimper au bûcher tous les personnages "miévreux", on peut au contraire accepter que cohabitent un T'choupi neurasthénique et les personnages irrévérencieux de Pittau et Gervais, par exemple. Accepter au nom de la diversité qu'il y ai les illustrations d'un cajou triste et les productions graphiques du rouergue.

Je tiens à bien préciser que l'imaginaire compressé par le port d'une ceinture de chasteté  n'a rien à voir avec l'âge. J'ai vu des petites grand-mères acheter des albums d'avant garde à leurs petits enfants, parce qu'ils les faisaient rire ou qu'elles trouvaient l'illustration "différente". Lorsque j'entends des gens dont l'audace se limite à l'achat des aventures extatiques de l'âne TroTro (qui pour avoir ce regard doit être sous l'influence d'une substance poudreuse et illicite!) dire d'albums comme L'Homme sans tête de Le Néouanic (chroniqué ici) : "c'est trop sombre pour les enfants" ou de l'album des Pittau&Gervais : C'est dégoûtant : "c'est agressif pour les petits", j'ai envie de pratiquer des sacrifices vaudous !

Lorsque certains disent : " Ah ça! C'est encore un album qui plaît surtout aux parents", j'ai envie de répondre : "mais encore heureux qu'il plaise aux parents, c'est eux qui vont le lire 30 fois !! Et puis c'est le Plaisir qu'ils vont avoir à le faire, qu'ils vont partager avec leur enfant ! " 

Mais là où je reste le plus virulente c'est face aux selections de fin d'année qui vont fleurir bientôt et où à quelques exceptions près, les libraires ou- quand ce ne sont pas eux qui choisissent, leurs enseignes- restent frileux ! (De toute façon, ne se sentiront concernés par ce que j'écris que ceux qui le sont vraiment ! )

Alors pour ma part, j'ai souvent l'impression de retrouver les même livres d'une année sur l'autre, le énième beau, grand et gentil livre qui doit faire Noël ou l'histoire d'un lapin qu'on a déjà vu 20 fois !  Il faut surtout arrêter de prendre les enfants pour des petits crétins, et pour ceux qui le sont essayer de les en sortir !  C'est justement l'âge où on peut leur proposer des choses très différentes, les aider à se construire un terreau où un jour leur sens critique ira puiser. C'est le rôle des professionnels de proposer des choix exigeants, audacieux et diversifiés. Sans certains éditeurs ou organismes des joyaux comme : Le chien bleu, de Nadja, les 3 brigands d'Ungerer, Frédéric de Lionni, Dans le brouillard de Milan de Munari ou les productions de Pacovska ... pour ne citer qu'eux, n'auraient pas vu le jour et ne seraient pas devenus des classiques qui servent aujourd'hui dans toutes les bibliothèques.

A l'heure où l'édition française, un des derniers bastions européens de liberté et d'indépendance, est dangereusement menacée, il est essentiel que les professionnels ne baissent pas les bras et qu'avec la curiosité des lecteurs : parents et enfants, ils continuent à proposer des ouvrages qui questionnent, intriguent, aiguisent le regard et la pensée.

Ca ira, merci Joëlle !

Par Olga
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Jeudi 3 novembre 2005

 Le nouvel album d'Irène Schoch (Seuil jeunesse) est ambigu!...

 J'avais aimé son travail sur le texte de Muriel Bloch : Quand la nuit vint au monde et autres contes brésiliens, chez Naïve. On retrouve ici, dans cet album pour plus petits - très grand format, cartonné - les illustrations colorés, chaleureuses et très riches de l'auteur. L'album est superbe et puisqu'il n'y a pas si longtemps  j'écrivais pour prôner le non- conformisme et l'audace et bien elle ose mettre dans un album pour les 0/3 ans des sirènes topless, des travestis, et des personnages un peu louf !

Mais le plus étonnant, c'est le sujet principal, l'album tourne autour de la vie d'une souris (loutre? on ne sait trop ) qui chaque mois change de boulot : elle ramasse les feuilles en automne, fait des paquets cadeaux à Noël, cueille des fraises en été...

J'ai ressenti ça au départ, avouons le, un peu comme : la précarité au pays des bisounours !  Parce que tout le monde à l'air super sympa et notre souris à l'air vraiment épanouie. Mais en refermant l'album, je relis le titre : "Je souris toute l'année" et là ça grince, ça interpelle, elle insiste et moi aussi, je rouvre l'album et là à chaque page je me rends compte que finalement tout le monde s'amuse autour d'elle, elle est la seule à trimer ! Les gens se balladent, font du patin à glace, vont pique-niquer, sont peut-être en RTT? ! On attendra enfin le mois d'Août pour découvrir qu'elle s'accorde un mois pour respirer, sac au dos et chaussures de marche aux pieds - Ben OUI ! Elle allait pas partir aux Seychelles ! Voilà donc comment en trois petits tours et manigances Irène Schoch a fait d'un album pour les petits tout coloré un vrai livre engagé !

Par Olga
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