La Déclaration

Publié le par Olga

La Déclaration inaugure la nouvelle collection destinée aux jeunes adultes chez Naïve : Naïveland. Avec ce roman traduit de l’anglais, Gemma Malley s’ancre dans la lignée de Pullman, ou de Jonathan Stroud, avec une touche d’Orwell ou de Zamiatine. Cette aventure qui se déroule dans le futur est nourrie par toutes les craintes liées aux manipulations génétiques, à la course à la jeunesse éternelle. Rester jeune, rester beau, rester vivant ! Voilà où nous en sommes quand l’histoire commence. Une société qui a enfin réussi à gagner l’immortalité et la jeunesse, mais si les corps ne se fanent pas, les esprits néanmoins s’endorment.
Afin d’éviter la surpopulation, les naissances sont donc interdites. Les ressources sont rationnées, il règne un équilibre serein qui cache un pouvoir dictatorial : « dormez nous nous occupons de tout ».
Malgré tout, une poignée de hors la loi, refusant cette immortalité, désobéissent et continuent de procréer. Leurs enfants deviennent alors des surplus. L’héroïne, Anna, 15 ans, appartient à cette catégorie. Attrapée toute petite, elle vit dans l’univers violent et oppressant de Grange Hall, sorte d’usine à endoctriner faisant office d’orphelinat. Son avenir paraît tout tracé, elle doit racheter la faute de ses parents qui l’ont faite venir au monde en devenant une parfaite surplus, future esclave pour les légaux. Mais l’arrivée d’un nouveau surplus Peter, va bouleverser ses convictions, son endoctrinement, et va l’entraîner à la recherche de la vérité pour enfin comprendre d’où elle vient.

Une aventure palpitante, un roman d’anticipation qui fait froid dans le dos, que l’on n’arrive pas à lâcher avant de l’avoir terminé ! Gemma Malley, nous offre une vision dure et crue des dérives possibles de nos sociétés occidentales, et fait émerger des questionnements autour de la vie, la mort, la justice et les différences. On lui reprochera peut-être un manichéisme un peu caricatural, mais certains personnages secondaires plus troubles apportent une épaisseur au récit.
De l’Angleterre on connaissait ses groupes d’ados qui depuis les Beatles réinventent la musique sans en avoir l’air, on admirait leur famille royale, icônes publiques pouvant soulever les foules par amour ou par haine, on savourait avec un petit air narquois leur cuisine hétéroclite, aujourd’hui on peut dire sans complexes qu’en matière de romans pour la jeunesse décidemment l’Angleterre sait aussi faire naître des écrivains et qu’il ne nous reste qu’à dévorer ces histoires sans attendre !

La Déclaration, Gemma Malley. Naïveland. a partir de 13 ans.



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