Il était une fois la Mort

Publié le par Olga

Voici un thème délicat, mais incontournable : La mort. Dit comme ça, j’en vois déjà qui se carapatent ! Ok, c’est pas folichon, mais quand un jour un petit loupiot vous demandera les yeux tous ronds : « c’est quoi d’être mort ? » et bien mes petits cocos il faudra bien répondre autre chose que « c’est jouer de la harpe au paradis ! ». Alors voici un album totalement indispensable pour évoquer ce passage : Le canard, la mort et la tulipe. De Wolf Erlbruch. La mort est traitée de façon très simple, très directe, par un texte sans fioritures, mais qui pose les vraies questions.
Un jour, un canard rencontre la mort, d’abord effrayé (la mort est représentée comme une personne avec une tête de squelette), il ose ensuite lui parler, c’est alors qu’elle lui explique qu’elle n’est pas venue le chercher, mais qu’elle est là, pas très loin depuis toujours, depuis sa naissance.

Alors il s’habitue à sa présence et continu à vivre normalement, il lui propose même de l’accompagner à l’étang. Là-bas, la mort fait une drôle de tête, elle n’aime pas trop l’eau, elle a froid, alors le canard n’hésite pas à la réchauffer entre ses ailes, c’est la première fois qu’on lui propose quelque chose comme ça !
Le temps passe, ils sont toujours tous les deux, mais il va de moins en moins à l’étang, il est un peu plus seul. Puis un soir, c’est lui qui demande à la mort de le réchauffer, au matin, c’est terminé. On assiste alors une magnifique scène où la mort le prend dans ses bras, le porte jusqu’à un grand fleuve, dépose sur son corps la tulipe noire qu'elle tenait depuis le début et le laisse partir.
Cet album est extrêmement émouvant car il sonne juste, il n’est pas question de ce qu’il y a après, il parle juste de cette dimension qui fait que la mort fait partie de la vie et que comme la naissance elle est un passage.
Pour ceux qui connaissent Erlbruch, c’est un de ses plus beaux albums, les illustrations dépouillées sont absolument fantastiques, car elles portent en elles une force et une émotion que j’avais rarement rencontré jusqu’ici. Un futur classique vient de voir le jour.

Le canard, la mort et la tulipe. Wolf Erlbruch. La joie de Lire.


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mariaba 09/04/2007 19:15

J'avais bien aimé "l'ange de mon grand-père", où la mort apparaît en filigrane. Celui-là me tente aussi: même adulte, et surtout dans ces moments là, on se sent enfant, et impuissant aussi. C'est bien d'avoir des livres comme ça!!!

Barbara 05/04/2007 00:33

Bravo pour cet article. J'ai lu cet album, simple, direct et emouvant. Album qui interpelle sur un sujet délicat mais qu'on nous demande. J'aime beaucoup les illustrations. Album indispensable!

vanessa(eliabar) 04/04/2007 23:30

Quelle belle critique.
Je ne crois pas avoir encore reçu ce titre. Je vais le surveiller parce que là, tu m'as vraiment donné très envie de découvrir cet univers.
Sur le même thème, "Paradis" paru aux éditions autrement est très réussi mais aborde plus ce qu'il pourrait y avoir "après"...

Olga 05/04/2007 11:31

Merci ;-) .Vous ne l'avez peut-être pas reçu, Il est sorti le 8 mars 2007.