Prise de pouvoir par PANAMA, Caramba !!

Publié le par Olga

Ils sont forts chez Panama ! Ils nous sortent le même mois 2 albums incontournables : le premier parce qu’il va devenir un album de référence au même titre que Petit bleu petit jaune, l’autre pour la qualité de son histoire et de son illustration.
 
Je veux donc parler de Petite Tâche, un album de Lionel Le Néouanic que l’on attendait pas là. Miguel mon fidèle compagnon, chat de bibliothèque à ses heures, est un fan de cet auteur-illustrateur aux multiples casquettes, cela n’a sans doute rien à voir avec le fait qu’il appartienne au groupe des chats pelés (têtes raides) ! Jusqu’ici ses albums étaient plutôt déstinés aux plus grands, avec un graphisme percutant et expressif, il ne s'était pas essayé à l’abstraction au travail sur les formes géométriques et les couleurs.
En ce qui me concerne, je suis fan de Niac-Niac, pour le ton et l’irrésistible tête du ver de terre, de C’est qui ? pour l’irrévérence des gamins et la découverte de la vrai vie du Père Noël (je me doutais bien qu’il buvait un petit coup ! Il fait trop froid là-bas !), de Chiens pour l’engagement politique, et de Gentil-Méchant pour l’esthétisme de ses créations multiformes (dont une page décore joliment ma porte d’entrée, bref….), tous publiés au Seuil Jeunesse.
 
Petite tâche est un album pour les tout petits qui leur permet d’appréhender l’espace, les formes, les couleurs sur fond de discours de tolérance. Petite tâche est informe, tout noir, il ressemble au splatch d’encre des copies crassouilles de CP, et il voudrait bien jouer avec les autres formes bien définies et parfaitement dessinées : un triangle vert, un rond jaune, un carré rouge etc… Mais la différence fait peur, alors en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, ils le renvoient chez papa-maman !
Petite tâche en a gros sur le cœur, ses parents, rassurants, vont alors lui faire prendre conscience de la richesse de sa différence et de son secret… Découvrant son pouvoir, il retourne voir les petites formes qui finiront par l’accepter et tout se terminera dans un grand bain de couleur et de formes avec même un petit clin d’œil à Miro. En somme, un album réussi, sans grande surprise il est vrai, mais parfaitement construit et didactique. (à partir de 2 ans).
 
 
Le second petit bijou de Panama est : Je voulais une tortue de Béatrice Alemagna et Cristiano Mangione. Cet album très « seventies » m’a conquise, à la fois grâce à l’illustration de B. Alemagna et à cette histoire d’amitié entre une petite fille et une tortue.
 
A 6 ans on a tous envie (ou presque) d’avoir un animal, un chat qu’on pourrait câliner, un chien qu’on pourrait balader, un poisson rouge à qui parler. Notre petite héroïne, elle, rêve d’une tortue pour partager son quotidien. Elle la désire tellement fort que malgré le refus de ses parents, elle va s’en acheter une en douce. La découverte et la punition passée, Britta (si ce n’est pas un magnifique nom de tortue, ça !) s’installe petit à petit dans leur vie. Mais le temps passe et Britta grandit, grandit, grandit, jusqu’à ressembler à Godzilla et transpercer le toit de leur maison ! Il ne va plus être possible de la garder, alors que faire ?  C’est notre petite héroïne qui, en questionnant une drôle de vieille dame, trouvera la solution et cette étrange histoire de tortue (au pays des merveilles) se terminera bien.
 
La force de cet album, hormis l’originalité de l’histoire, est la qualité de l’illustration. En noir et blanc réalisé au stylo et au crayon, chaque dessin s’inscrit dans un cadre comme autant de miniatures précieuses et délicates. Et puis il rappellera des souvenirs à tous ceux qui un jour avaient réussi à convaincre leurs parents de leur acheter ces minuscules tortues californiennes, pas plus grosses qu’une pièce de 5 francs et qui devenaient en quelques mois, des monstres préhistoriques assoiffés de sang !
Au fait,  à votre avis, que sont-elles devenues ?...

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